
Définition
Une personne est en arrêt cardiaque (AC) lorsque son cœur ne fonctionne plus ou fonctionne de façon anarchique, ne permettant plus d’assurer la circulation du sang dans l’organisme et en particulier l’oxygénation du cerveau.
Causes
Chez l’adulte, l’arrêt cardiaque :
- est le plus souvent d’origine cardiaque ;
Il est lié à une interruption de toute activité mécanique efficace du cœur. Il survient le plus souvent à cause d’un fonctionnement anarchique du cœur, l’empêchant de faire circuler le sang efficacement.
Cette anomalie peut être secondaire à un infarctus du myocarde, à certaines intoxications ou d’autres maladies cardiaques.
Parfois, l’arrêt cardiaque survient sans aucune anomalie préexistante connue : c’est la mort subite. - peut avoir une origine respiratoire, due en particulier à :
- une obstruction complète des voies aériennes dont les manœuvres de désobstruction ont échoué,
- un traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax,
- un accident dû à l’eau (noyade), à l’électricité ou une pendaison.
- peut survenir à la suite d’une perte de sang importante (hémorragie).
Chez l’enfant et le nourrisson, l’arrêt cardiaque est le plus souvent d’origine respiratoire. Il est la conséquence d’un manque d’oxygène. On le rencontre particulièrement en cas :
- d’étouffement (sac plastique) ;
- de strangulation (jeux) ;
- d’une obstruction complète des voies aériennes ;
- de noyade (accident dû à l’eau).
L’arrêt d’origine cardiaque chez l’enfant et le nourrisson est beaucoup plus rare que chez l’adulte. Il survient le plus souvent à cause d’une maladie ou d’une anomalie cardiaque, souvent non connue. Dans ce cas, il se manifeste, comme chez l’adulte, de façon brutale, et entraîne une chute de l’enfant alors qu’il en train de jouer ou de pratiquer une autre activité.
Il peut aussi survenir à la suite d’une hémorragie importante, d’une électrocution ou d’une atteinte traumatique grave (traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax).
Risques & Conséquences
La vie d’une victime en arrêt cardiaque est, en quelques minutes, menacée.
Quand la respiration d’une victime s’arrête et quand son cœur cesse d’être efficace, l’air n’arrive plus au niveau des poumons, le sang cesse de circuler et l’alimentation en oxygène du corps entier n’est plus assurée. Le cerveau est l’organe le plus sensible de l’organisme au manque d’oxygène. Si aucun geste de secours n’est réalisé, des lésions cérébrales apparaissent en quelques secondes, chez l’enfant ou le nourrisson, ou en quelques minutes chez l’adulte.
Progressivement, ces lésions deviennent irréversibles, rendant les chances de survie quasiment nulle en
quelques minutes (environ huit minutes chez l’adulte).
Signes
L’identification des signes de l’arrêt cardiaque est réalisée en quelques secondes au tout début du bilan (2ème regard) ou lors de la surveillance de la victime si l’arrêt cardiaque survient secondairement. Elle doit aussi pouvoir être réalisée par le secouriste si celui-ci est chargé de la réception de l’alerte.
Une victime est considérée en arrêt cardiaque si (cf. tableau 11) :
- elle ne répond pas et ne réagit pas quand on l’appelle ou la stimule (perte de connaissance) ;
- elle présente :
- une absence de mouvements ventilatoires : aucun souffle n’est perçu, aucun bruit n’est entendu et ni le ventre ni la poitrine de la victime ne se soulèvent durant la recherche de la ventilation ;
- ou une ventilation agonique : les mouvements ventilatoires sont inefficaces, bruyants, anarchiques et lents, c’est-à-dire moins de 1 mouvement en 10 secondes (≤ 6 mvts/min).
Parfois, ces signes peuvent être accompagnés d’une courte période de mouvements saccadés de la victime, ressemblant à des convulsions.
La recherche d’un pouls n’est pas systématique pour caractériser l’arrêt cardiaque1. Toutefois, si elle est effectuée, son évaluation simultanée à la recherche de la respiration ne doit jamais dépasser 10 secondes et elle ne doit pas retarder la mise en œuvre des gestes de secours déclinés dans le tableau suivant.
Cette recherche se fait au niveau :
- carotidien chez l’adulte et l’enfant ;
- fémoral chez le nourrisson.
En cas d’absence ou de doute sur la présence du pouls chez une victime qui a perdu connaissance, même avec des mouvements ventilatoires, il faut débuter ou poursuivre une RCP. En effet, la réalisation d’une RCP précoce par des témoins peut permettre une reprise de mouvements ventilatoires grâce au massage cardiaque sans une reprise de circulation.
Tableau 11: Rechercher la présence des fonctions vitales et conduites à tenir
Conscience |
Ventilation |
Circulation (pouls carotidien) |
Conduite a tenir |
|
Sans prise de pouls |
Non |
Oui |
PLS si affection non traumatique |
|
Non |
Non ou anormale |
RCP |
||
Avec prise de pouls |
Non |
Oui |
Oui (perçu) |
PLS si affection non traumatique |
Non |
Non ou anormale |
Non ou doute (non perçu) |
RCP |
|
Non |
Oui |
Non (non perçu) |
RCP2 |
|
Non |
Non |
Oui (perçu) |
Insufflations3 |
1 La prise du pouls par les secouristes dépend du choix des autorités médicales de chaque organisme ou association.
2 Cette situation, bien qu’exceptionnelle, peut se rencontrer dans les premières minutes d’une RCP chez les victimes qui ont bénéficié immédiatement d’une RCP après la survenue de l’arrêt cardiaque
3 Cette situation se rencontre chez les victimes qui présentent un arrêt ventilatoire initial, le plus souvent d’origine toxique (overdose). Si le secouriste intervient immédiatement après l’arrêt de la respiration, le pouls peut encore être perceptible. La réalisation d’insufflations évitera la survenue de l’arrêt cardiaque.
L’arrêt cardiaque peut survenir brutalement. Il peut aussi chez l’adulte, être précédé de signes annonciateurs, en particulier une douleur serrant la poitrine, permanente, angoissante, pouvant irradier dans le cou et les bras et parfois associée à une difficulté à respirer et des sueurs.
L’arrêt cardiaque peut aussi être l’évolution ultime d’une détresse vitale.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre, sauf en cas de décès certain (tête séparée du tronc, victime déchiquetée, démembrée ou en état de raideur cadavérique), la réalisation d’une série d’actions augmentant les chances de survie de la victime :
- reconnaître les signes annonciateurs ou l’AC ;
- alerter de façon précoce les secours médicalisés ;
- réaliser ou guider une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) précoce ;
- assurer la mise en œuvre d’une défibrillation précoce.
Ces différentes étapes, complétées par une prise en charge médicale précoce, constituent une chaîne de survie susceptible d’augmenter de 4 à 40 % le taux de survie des victimes. Chaque minute gagnée dans la mise en place d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) peut augmenter de 10 % les chances de survie de la victime.
Définition
On appelle détresse circulatoire une atteinte de la fonction circulatoire dont l‘évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales de l’organisme (fonction respiratoire, fonction neurologique) et conduire au décès de la victime.
Si l’arrêt cardiaque est une détresse circulatoire majeure qui relève de gestes de secours immédiats, il existe un certain nombre de situations où une victime peut présenter des signes visibles de détresse circulatoire sans pour autant être en arrêt cardiaque.
Les trois fonctions vitales sont étroitement liées et une altération de la fonction circulatoire entraîne, plus ou moins rapidement, une perturbation des autres.
Causes
Plusieurs causes peuvent entraîner une détresse circulatoire. Par exemple :
- une atteinte du cœur, qui devient incapable de faire circuler le sang, comme lors d’un infarctus du myocarde ou d’une insuffisance cardiaque ;
- une diminution de la quantité de sang en circulation, par exemple :
- lors d’une hémorragie,
- lors d’une déshydratation (diarrhée, brûlure étendue …).
- une dilatation des vaisseaux sanguins (atteinte du contenant), par exemple lors d’une réaction allergique grave ou d’une intoxication grave.
Certaines causes sont facilement identifiables, comme les hémorragies externes ou extériorisées.
D’autres causes sont évoquées devant des signes circulatoires ou grâce au bilan circonstanciel ou au bilan complémentaire.
Risques & Conséquences
L’atteinte de la fonction circulatoire risque d’empêcher la délivrance d’oxygène aux organes et de retentir rapidement sur les deux autres fonctions vitales.
Signes
Une détresse circulatoire peut être identifiée :
- Au début du bilan (2ème regard) si la victime présente un arrêt cardiaque (voir arrêt cardiaque).
- Lors de l’appréciation de la fonction circulatoire au cours du bilan (3ème regard).
La victime est le plus souvent agitée ou angoissée et parfois somnolente si elle n’a pas perdu connaissance.
Elle présente :- une décoloration de la peau ou pâleur qui siège surtout au niveau des extrémités, de la face interne de la paupière inférieure et des lèvres ;
- des marbrures cutanées (alternance de zones pâles et de zones violacées donnant à la peau l’aspect marbré) prédominantes à la face antérieure des genoux ;
Elle est moite (transpiration) et froide au toucher (sueurs froides)
Le pouls radial est imperceptible et le pouls carotidien lorsqu’il est perçu est rapide.
- La mesure des paramètres physiologiques peut confirmer cette détresse :
- le temps de recoloration cutanée (TRC) est supérieur à 2 secondes ;
- la fréquence cardiaque est supérieure à 120 battements par minute (chez une personne au repos) ou inférieure à 40 battements par minute ;
- la pression artérielle systolique est inférieure à 90 mmHg ou diminuée de plus de 30% de la valeur de la PA habituelle si la victime est hypertendue.
- La détresse circulatoire peut ne pas être évidente si elle est en cours de constitution. Elle doit être suspectée devant :
- l’apparition progressive d’un ou plusieurs signes détaillés ci-dessus,
- l’impossibilité pour la victime de rester assis ou debout (vertiges),
- une sensation de soif.
Enfin, lors des mesures répétées des paramètres physiologiques (surveillance) ; une accélération du pouls, un allongement du TRC et un pincement puis une chute progressive de la PA doivent faire évoquer l’installation d’une détresse circulatoire (même si ces mesures restent dans les limites de la normale).
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- d’arrêter immédiatement toute cause évidente de détresse circulatoire comme une hémorragie externe ;
- d’améliorer l’oxygénation et la circulation sanguine de l’organisme et de ses organes vitaux par une position d’attente adaptée et l’administration d’oxygène ;
- d’obtenir rapidement une aide médicale ;
- de surveiller attentivement la victime et adapter les gestes de secours à l’évolution de la situation.
Définition
On appelle détresse neurologique une atteinte de la fonction neurologique dont l‘évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales de l’organisme (fonction circulatoire, fonction respiratoire) et conduire au décès de la victime.
Si la perte de connaissance est une détresse neurologique majeure qui relève de gestes de secours immédiats, il existe un certain nombre de situations où une victime peut présenter des signes visibles de détresse neurologique sans, pour autant, qu’elle ait perdu connaissance.
Les trois fonctions vitales sont étroitement liées et une altération de la fonction neurologique entraîne plus ou moins rapidement une perturbation des autres.
Causes
De nombreuses causes peuvent entraîner une altération de la fonction neurologique et un trouble de la conscience, par exemple :
- un traumatisme, comme un choc sur la tête ;
- une maladie atteignant directement le cerveau (accident vasculaire cérébral), la moelle épinière ou les nerfs ;
- certaines intoxications ;
- un manque de sucre (hypoglycémie).
Risques & Conséquences
L’atteinte de la fonction neurologique retentit rapidement sur les deux autres et menace, immédiatement ou à très court terme, la vie de la victime, car ses organes vitaux (cœur, poumons) peuvent, très vite, être privés d’oxygène.
Signes
La détresse neurologique est identifiée :
1 – Dès le début du bilan (2ème regard) si la victime ne répond pas quand on lui parle, n’exécute pas un ordre simple (ex. « serrez-moi la main », « ouvrez les yeux ») et ne réagit pas quand on la secoue délicatement au niveau des épaules.
Une victime qui ne répond pas et ne réagit pas et dont la ventilation est arrêtée ou anormale (ventilation agonique) doit être considéré en arrêt cardiaque.
Une victime qui ne répond pas et ne réagit pas, mais qui respire, doit être considérée à haut risque de détresse respiratoire, car ses voies aériennes sont menacées.
2 – Lors de l’appréciation de la fonction neurologique au cours du bilan (3ème regard) si la détresse neurologique est présente.
La victime ;
-
- est somnolente, ou présente un retard de réponse aux questions ou aux ordres ;
- est désorientée. Elle ne se rappelle plus son nom, du lieu où elle se trouve, en quelle année nous sommes ;
- ne s’exprime pas, elle ne parle plus ;
Si elle peut s’exprimer, la victime peut se plaindre :
-
- de ne plus pouvoir bouger un ou plusieurs de ses membres (paralysie).
-
- d’une perte de la vue d’un ou des deux yeux.
Le secouriste peut aussi constater :
-
- des convulsions généralisées ;
- une asymétrie évidente du visage de la victime ;
- une asymétrie des pupilles (à l’ouverture des yeux, les pupilles sont de diamètres différents) et une absence de réaction des pupilles à la lumière.
3 – Lors de la mesure des paramètres neurologiques :
L’évaluation du niveau de conscience (score EVDA ou Glasgow) (4ème regard) peut venir confirmer cette détresse. Une victime qui a perdu connaissance et qui n’est plus réactive à la voix est considérée en détresse neurologique.
La mesure de la glycémie peut venir confirmer une hypoglycémie. L’hypoglycémie est une des causes de la détresse neurologique. Elle doit être corrigée rapidement.
4- Enfin la détresse neurologique peut ne pas être évidente si elle est en cours de constitution. Les signes suivants doivent faire évoquer l’installation d’une détresse neurologique :
-
- aggravation progressive du niveau de conscience,
- perte de connaissance passagère indiquée par l’entourage ou suspectée devant une amnésie de l’accident ou du malaise,
- trouble de la parole isolé (la victime a du mal à trouver ses mots ou déforme spontanément les mots).
Si l’on suspecte un accident vasculaire cérébral (paralysie, trouble de la parole, de la vue, etc.) et si ces manifestations sont aléatoires (les signes apparaissent et disparaissent), la réalisation d’un score de l’AVC peut dévoiler cette détresse.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- d’installer la victime dans une position d’attente adaptée afin de préserver la circulation cérébrale ;
- d’obtenir rapidement une aide médicale ;
- de surveiller attentivement la victime et adapter les gestes de secours à l’évolution de la situation.
Définition
On appelle détresse respiratoire une atteinte de la fonction respiratoire dont l‘évolution peut affecter, à court terme, les autres fonctions vitales de l’organisme (fonction circulatoire, fonction neurologique) et conduire au décès de la victime.
Si l’arrêt respiratoire est une détresse respiratoire majeure qui relève de gestes de secours immédiats, il existe un certain nombre de situations où une victime peut présenter des signes visibles de détresse
respiratoire sans qu’elle soit, pour autant, en arrêt respiratoire.
Les trois fonctions vitales sont étroitement liées et une altération de la fonction respiratoire entraîne, plus ou moins rapidement, une perturbation des autres.
Causes
Plusieurs causes peuvent entraîner une détresse respiratoire. Par exemple :
- l’obstruction complète ou partielle des voies aériennes, par exemple par corps étranger, allergie, traumatisme ou infection ;
- les maladies pulmonaires, dont l’asthme ;
- le traumatisme du thorax ;
- l’inhalation de produits caustiques ou de fumées.
Risques & Conséquences
L’atteinte de la fonction respiratoire retentit rapidement sur les deux autres et menace, immédiatement ou à très court terme, la vie de la victime, car ses organes vitaux (cerveau, cœur) peuvent, très vite, être privés d’oxygène.
Signes
Les signes d’une détresse respiratoire sont identifiés :
- Lors de la recherche de respiration, si la ventilation est absente ou agonique.
- Lors de l’appréciation de la respiration.
La victime :
- a perdu connaissance, est confuse, somnolente, anxieuse ou agitée. Ces signes traduisent un manque d’oxygénation du cerveau et une accumulation du CO2 ;
- refuse de s’allonger, mais cherche à rester en position assise, ce qui rend moins pénible la respiration ;
- se plaint d’avoir des difficultés à respirer : « j’ai du mal à respirer », « j’étouffe », « j’ai mal quand je respire ».
Le secouriste peut entendre en écoutant la ventilation :
- un sifflement traduisant une gêne au passage de l’air dans des voies aériennes rétrécies ;
- des gargouillements traduisant un encombrement des voies aériennes par des sécrétions ou des vomissures ;
- des râles traduisant la présence de liquide dans les poumons.
Le secouriste constate que la victime fait des efforts pour respirer, se tient la poitrine et ne peut plus parler. Elle présente :
- une ventilation rapide, voire superficielle. Il est difficile de voir facilement le ventre et la poitrine de la victime se soulever
- une contraction des muscles du haut du thorax et du cou (tirage) ;
- un battement des ailes du nez et un creusement au-dessus du sternum ou au niveau du creux de l’estomac à l’inspiration s’il s’agit d’un enfant ;
- des sueurs en l’absence d’effort ou de fièvre, ce qui traduit un défaut d’épuration du dioxyde de carbone (CO2 ) contenu dans le sang ;
- une coloration bleutée (cyanose), surtout au niveau des doigts, du lobe des oreilles et des lèvres.
Cette coloration traduit un manque d’oxygénation du sang.
- Lors de la mesure des paramètres physiologiques respiratoires.
- la fréquence respiratoire est rapide souvent supérieure à 30 mvts/min ;
- la baisse de la saturation pulsée en O2 (saturomètre) < 94 % ou < 89 % chez l’insuffisant respiratoire chronique.
- Enfin la détresse respiratoire peut ne pas être évidente si elle est en cours de constitution.
L’apparition d’un ou plusieurs signes détaillés ci-dessus ainsi que, lors des mesures répétées de la fonction respiratoire ; une accélération de la fréquence ventilatoire et une baisse de la SpO2 doivent faire évoquer l’installation d’une détresse respiratoire même si les mesures de la fonction respiratoire restent dans les limites de la normale.
Enfin, toute victime ayant perdu connaissance et qui respire doit être considérée à haut risque de détresse respiratoire, car ses voies aériennes sont menacées.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- d’arrêter immédiatement toute cause évidente de détresse respiratoire comme une obstruction complète des voies aériennes ;
- d’améliorer l’oxygénation de l’organisme et de ses organes vitaux par une position d’attente adaptée et l’administration d’oxygène ;
- d’obtenir rapidement un avis médical ;
- de surveiller attentivement la victime et d’adapter les gestes de secours à l’évolution de la situation.
Définition
Une hémorragie externe est un épanchement de sang abondant et visible, qui s’écoule en dehors des vaisseaux au travers d’une plaie et ne s’arrête pas spontanément.
Causes
L’hémorragie externe est le plus souvent d’origine traumatique (coup, chute, couteau, balle…), plus rarement médicale (rupture de varices).
Risques & Conséquences
Sous l’effet d’une hémorragie, la quantité de sang de l’organisme diminue.
Dans un premier temps, la fréquence cardiaque augmente pour compenser cette perte et maintenir un débit et une pression suffisante dans les vaisseaux afin d’assurer la distribution de sang à l’organisme.
Dans un deuxième temps, si le saignement n’est pas arrêté, la pression sanguine s’effondre, le débit diminue et une détresse circulatoire apparaît. Elle peut provoquer un « désamorçage de la pompe » et un arrêt du cœur.
Une hémorragie externe menace immédiatement ou à très court terme la vie d’une victime.
Signes
L’hémorragie externe est, le plus souvent, évidente et constatée au début du bilan (2ème regard).
Parfois, elle est découverte lors de la recherche de lésions traumatiques (4ème regard). En effet,
l’hémorragie peut être temporairement masquée par la position de la victime ou un vêtement particulier (manteau, blouson).
L’hémorragie externe doit être différenciée d’un saignement minime, peu abondant, dû à une écorchure, une éraflure ou une abrasion cutanée, qui lui s’arrête spontanément.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- d’arrêter immédiatement l’hémorragie pour limiter la perte de sang ;
- de rechercher une détresse circulatoire ;
- de prendre les mesures nécessaires pour limiter ses conséquences.
Définition
L’hémorragie extériorisée est un épanchement de sang à l’intérieur de l’organisme qui s’extériorise par un orifice naturel (oreille, nez, bouche, voies urinaires, anus, vagin).
Causes
L’hémorragie extériorisée peut être d’origine traumatique (traumatisme du crâne, du thorax…), mais aussi d’origine médicale.
Risques & Conséquences
Sous l’effet d’une hémorragie, la quantité de sang de l’organisme diminue.
Dans un premier temps, la fréquence cardiaque augmente pour compenser cette perte et maintenir un débit et une pression suffisante dans les vaisseaux afin d’assurer la distribution de sang à l’organisme.
Dans un deuxième temps, si le saignement n’est pas arrêté, la pression sanguine s’effondre, le débit diminue et une détresse circulatoire apparaît. Elle peut provoquer un « désamorçage de la pompe » et un arrêt du cœur.
Une hémorragie extériorisée menace immédiatement ou à très court terme la vie d’une victime. Malheureusement, certaines hémorragies extériorisées ne peuvent pas être arrêtées par des gestes de secours habituels.
Signes
Ce saignement, lorsqu’il se situe au niveau du nez ou du conduit de l’oreille, peut être le signe d’une fracture du crâne.
Par la bouche, il est le plus souvent lié à des crachats ou des vomissements.
Dans les autres cas, il s’agit d’une perte de sang inhabituelle, émanant des voies :
- urinaires : émission de sang ou d’urine teintée de sang ;
- anale : sang dans les selles ou saignement isolé ;
- vaginale : règles anormalement abondantes ou saignement inattendu.
Quelle que soit son origine, ce saignement peut être le premier signe d’une maladie ou d’un traumatisme qu’il importe de traiter sans retard.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre de limiter les conséquences du saignement.
Définition
L’obstruction des voies aériennes (OVA) par un corps étranger est la gêne ou l’empêchement brutal des mouvements de l’air entre l’extérieur et les poumons. Elle est qualifiée :
- d’obstruction partielle, lorsque la respiration reste efficace ;
- d’obstruction complète, lorsque la respiration n’est plus efficace, voire impossible.
Causes
Les corps étrangers qui sont le plus souvent à l’origine d’une obstruction des voies aériennes sont les aliments (noix, cacahuète, carotte …) ou des objets (aimants de magnets, jouets…).
L’obstruction, particulièrement fréquente chez l’enfant, se produit le plus souvent lorsque la personne est en train de manger, de boire ou de porter un objet à la bouche. Elle est également fréquente chez les personnes âgées.
Des facteurs de risques exposent au risque de survenue d’une OVA par corps étranger comme, la prise de médicaments, d’alcool, les maladies neurologiques qui diminuent ou altèrent la déglutition ou la toux, la démence, mais aussi une mauvaise dentition.
Risques & Conséquences
Si le passage de l’air dans les VA est interrompu, l’oxygène n’atteint pas les poumons et la vie de la victime est immédiatement menacée.
L’obstruction partielle des VA peut évoluer vers une obstruction complète et avoir les mêmes conséquences, ou entraîner des complications respiratoires graves.
L’échec des manœuvres de désobstruction chez une victime présentant une OVA entraîne une privation prolongée en oxygène de l’organisme qui conduit à la perte de connaissance et à l’arrêt cardiaque.
L’obstruction complète des VA est donc une urgence qui peut entraîner la mort de la victime en quelques minutes si aucun geste de secours n’est réalisé immédiatement.
Signes
La reconnaissance des signes d’obstruction des voies aériennes par un corps étranger est un élément clé. Elle est réalisée dès les premières secondes, si l’on est témoin de la situation. Dans le cas contraire, la reconnaissance peut être difficile.
Le plus souvent, la victime est en train de manger, ou de jouer s’il s’agit d’un enfant. Lors du 2ème regard, on se retrouve en présence de l’une des trois situations suivantes :
La victime est consciente, présente une détresse vitale immédiate et elle :
- ne peut plus parler, crier, tousser ou émettre aucun son,
- garde la bouche ouverte,
- ne peut pas respirer ou présente une toux inefficace associée à des signes de fatigue
- s’agite et devient rapidement bleue,
Il s’agit d’une obstruction complète des voies aériennes. Cette situation survient dans les premières minutes après l’accident.
la victime est consciente, présente des signes de détresse respiratoire et :
- peut parler ou crier,
- tousse vigoureusement,
- respire avec parfois un bruit surajouté,
- reste parfaitement consciente.
Cette situation se rencontre lorsque l’obstruction des voies aériennes est partielle. Elle peut durer plusieurs minutes après l’accident, car la respiration n’est pas complètement interrompue.
la victime a perdu connaissance et elle :
- ne respire plus ou très difficilement,
- est bleue (cyanose).
Cette situation survient chez une victime qui a inhalé un corps étranger, lorsque les gestes de désobstruction des voies aériennes :
- n’ont pas été réalisés immédiatement par les témoins présents ;
- sont inefficaces.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- de désobstruer les voies aériennes, si elles sont totalement ou presque totalement bouchées ;
- d’empêcher toute aggravation en cas d’obstruction partielle.
Définition
La perte de connaissance est la perte permanente ou temporaire de l’aptitude à communiquer et à réagir avec d’autres personnes et avec l’environnement.
Causes
Les causes d’une perte de connaissance peuvent être d’origine traumatique, médicale ou toxique.
Risques & Conséquences
Une personne qui a perdu connaissance, laissée sur le dos, est toujours exposée à des difficultés respiratoires, du fait :
- d’une forte diminution de son tonus musculaire qui peut entraîner une obstruction des voies aériennes par la chute de la langue en arrière ;
Cette obstruction peut empêcher toute respiration naturelle ou artificielle.
- d’une diminution des réflexes, en particulier de déglutition, qui entraîne un encombrement des voies aériennes par l’écoulement des liquides présents dans la gorge (salive, sang, liquide gastrique) dans les voies respiratoires.
Une perte de connaissance peut évoluer vers un arrêt respiratoire puis cardiaque et en est le premier signe.
Signes
Au cours du bilan d’urgence vitale, l’appréciation de la conscience est réalisée en quelques secondes. Une victime a perdu connaissance lorsqu’elle ne répond pas et n’obéit pas aux ordres simples.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre, tout en limitant l’aggravation d’une éventuelle lésion du rachis chez une victime suspecte d’un traumatisme, de préserver la respiration en maintenant la liberté de ses voies aériennes.
Définition
Il y a section de membre lorsque tout ou partie d’un membre est sectionné ou arraché.
Cette section ou cet arrachement s’accompagne souvent d’une hémorragie externe au niveau de
l’extrémité de la zone sectionnée (moignon) dont la survenue peut être retardée de plusieurs minutes.
Causes
La section ou l’arrachement d’un membre est toujours d’origine traumatique.
Risques & Conséquences
Les conséquences sont les mêmes que celles d’une hémorragie externe.
Il est parfois possible de « réimplanter » chirurgicalement un membre amputé.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- d’arrêter le saignement et de lutter contre la détresse circulatoire ;
- de retrouver et préserver le membre sectionné.
Définition
L’accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé attaque cérébrale, est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire (la circulation sanguine d’une partie du cerveau est interrompue).
Le terme « accident » est utilisé pour souligner l’aspect soudain, voire brutal, d’apparition des signes ou des manifestations, bien qu’en fait ce soit effectivement une maladie dont les causes sont de nature interne.
Causes
L’AVC peut être causé par :
- une obstruction d’une artère cérébrale (infarctus cérébral) par un spasme d’une artère, une plaque d’athérome (thrombose cérébrale) ou un caillot de sang venu obstruer l’artère (embolie cérébrale) ; Cette cause est la plus fréquente (85 %) et peut bénéficier de nouveaux traitements très efficaces s’ils sont administrés précocement (2 à 3 heures après le début des signes).
- une hémorragie cérébrale due le plus souvent à la rupture d’un vaisseau sanguin (victime hypertendue) ou d’une malformation vasculaire (anévrisme par exemple).
Les tumeurs et divers troubles de la coagulation peuvent eux aussi entraîner une hémorragie cérébrale.
On parle d’accident ischémique transitoire (AIT) lorsque l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même spontanément avec une disparition plus ou moins rapide des signes en fonction de la durée de l’obstruction.
Les signes sont les mêmes que l’AVC, mais ils durent de quelques secondes à quelques minutes, jamais plus d’une heure, avant le retour à la normale.
L’AIT peut passer inaperçu et être confondu avec un simple malaise. L’AIT est un signe d’alarme, peut annoncer la survenue d’un AVC constitué et présente les mêmes risques.
Risques & Conséquences
L’AVC entraine une diminution voire un arrêt brutal d’une partie de la circulation sanguine cérébrale. Le trouble neurologique induit par l’AVC est fonction de la taille et de la localisation du vaisseau sanguin touché.
L’interruption de la circulation entraine une ischémie des cellules nerveuses et les privent soudainement d’oxygène et de sucre, ce qui provoque en quelques minutes leur détérioration puis leur mort.
Dans le cas d’hémorragie, en plus de l’atteinte vasculaire, l’écoulement du sang (hématome) dans l’espace situé entre et autour des méninges et du cerveau comprime les cellules nerveuses et est responsable de signes neurologiques plus ou moins graves en fonction de l’importance de l’hémorragie.
L’AVC est une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès ou de survenue de lourdes séquelles. L’AVC est la 1ère cause de handicap chez l’adulte et la 3ème cause de mortalité.
Signes
L’AVC peut être évoqué au cours du 2ème regard, par la survenue le plus souvent brutalement :
- d’une perte de connaissance ou d’un trouble de la conscience ;
- d’un déficit moteur touchant toute une moitié du corps (droit ou gauche).
Au cours du 3ème ou 4ème regard, la victime consciente peut présenter un ou plusieurs des signes spécifiques suivants :
- une déformation de la bouche : la victime présente une asymétrie de la face qui est encore plus évidente si on lui demande de faire la grimace ;
- une faiblesse ou un engourdissement d’un ou des deux côtés du corps : lorsqu’on demande à la victime de lever et d’étendre les deux bras et les mains devant elle, l’un des bras et/ou la main (ou les deux) ne peuvent être levés ou ne peuvent rester en position et retombent plus ou moins vite ;
- une difficulté du langage ou de la compréhension : lorsqu’on demande à la victime de répéter une phrase, elle a des difficultés à parler ou à comprendre.
Ces trois signes doivent être systématiquement recherchés. Ils sont communément appelés FAST ou « Face, Arm et Speech test ».
Ils peuvent aussi être accompagnés :
- d’une diminution ou une perte de la vision d’un œil ou des deux ;
- d’un mal de tête important, soudain et inhabituel, sans cause apparente ;
- d’une perte de l’équilibre, d’une instabilité à la marche ou de la survenue de chutes inexpliquées.
Même si tous les signes sont passagers et résolutifs, ils doivent être scrupuleusement recherchés, car la gravité de l’affection et la conduite à tenir restent les mêmes.
Devant ces signes, le secouriste recherchera ou fera préciser à l’interrogatoire de la victime ou de la famille :
- l’heure où les signes sont apparus et l’heure où la victime a été vue pour la dernière fois sans signes ;
- l’existence de signes neurologiques identiques dans les 24 heures précédentes ;
- des antécédents de crise convulsive ;
- la présence de fièvre ;
- l’état de validité de la victime : est-ce que la victime est habituellement autonome ou grabataire ? (fauteuil roulant ou alité) ;
- la présence de facteurs de risques :
- hypertension artérielle et maladie cardio-vasculaire,
- diabète ou hypercholestérolémie,
- obésité, tabagisme,
- un traitement anticoagulant.
- des antécédents particuliers dont la connaissance est nécessaire à la prise en charge de la victime en secteur spécialisé :
- une chirurgie récente,
- si le malade est porteur d’un stimulateur cardiaque ou présente une contre-indication à la réalisation d’une IRM.
Au cours du 4ème regard, il est indispensable de réaliser une mesure de la glycémie capillaire. En effet, une hypoglycémie peut simuler un AVC et donner un ou plusieurs signes indiqués ci-dessus. Il est donc indispensable de rechercher et de corriger une hypoglycémie avant d’affirmer être en présence de signes d’AVC.
Principe de l’action de secours
L’action de secours doit permettre :
- de demander un avis médical immédiat et respecter les consignes ;
- d’installer la victime en position d’attente ;
- de surveiller la victime et réaliser les gestes de secours qui s’imposent.